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Bonnes résolutions non tenues, la faute à notre cerveau !



« 3, 2, 1… Bonne année 2021 !!! Cette fois c’est mon année ! J’arrête de fumer, je perds du poids, je me remets au sport, je me lève plus tôt pour méditer, je consomme moins et mieux, je prends plus de nouvelles de mes proches… »


Ahhh ces bonnes vieilles résolutions. Chargées de bonne volonté au 1er janvier, il ne faut pas attendre plus que la mi-janvier pour que ces résolutions s’estompent peu à peu et laissent place aux anciennes habitudes. Vous est-il déjà arrivé de repenser à vos bonnes résolutions en plein milieu du mois d’aout ? Personnellement non. Mais au diable la culpabilité, c’est à votre cerveau qu’il faut en vouloir. Tout cela est neurobiologique, je vous explique pourquoi !


Le cerveau, cet organe qui nous joue des tours !


La loi du moindre effort est, après la loi de l'alimentation alimentaire maximale, du sexe à gogo et de la domination, un socle fondamental du comportement animal, et même du comportement d'un animal "évolué" comme l'être humain. Et elle est inscrite dans le marbre de votre striatum.
- Sébastien Bohler -

Comme l’explique Sébastien Bohler, docteur en neurosciences et rédacteur en chef du magazine Cerveau & Psycho, dont j’ai eu la chance de faciliter graphiquement une conférence (voir planche réalisée à la fin de l’article), notre cerveau est capable de créations incroyables comme de nous faire adopter des comportements complètement stupides, comme par exemple ceux liés à la surconsommation qui nous rapprochent de notre perte. Alors allié ou ennemi ? Notre cerveau est en vérité les deux.


La partie extérieure du cerveau c’est notre cortex cérébral. C’est celui qui produit l’intelligence, et qui nous a permis d’inventer, de créer, de conquérir, de développer mais aussi de coopérer, de planifier, d’anticiper.


Au centre du cerveau se trouve le striatum qui existe depuis des millions d’années car il est responsable de

notre survie. Le striatum était très utile pour nos ancêtres du paléolithique car c’est celui qui nous pousse à trouver de la nourriture, à avoir des partenaires sexuels pour se reproduire, et à accumuler toujours plus d’information pour dominer son environnement. Tout cela en consommant le moins d’énergie possible. Et lorsque ces comportements sont assouvis, le striatum libère une molécule qui crée du plaisir : la dopamine. Le problème avec la dopamine c’est que celle-ci s’arrête si on la stimule à la même intensité chaque jour. Ainsi elle en demande toujours plus, et nous pousse à consommer plus pour obtenir des bénéfices immédiats de plaisir : plus de nourriture, plus d’objets, plus de partenaires sexuels, plus de vêtements… plus, plus, plus !


En résumé, la dopamine libérée par notre striatum est responsable de nos pulsions. Pulsions émotionnelles

plutôt que décisions rationnelles. Et c’est pourquoi nous ne parvenons pas à tenir nos bonnes résolutions. Car celles-ci sont souvent contraignantes, chronophages, complexes, floues et surtout longues à obtenir des résultats. Le striatum veut du plaisir immédiat, alors il préfère le carreau de chocolat au brocoli. Ça c’est dit !


5 outils pour tenir ses bonnes résolutions


Maintenant que l’on sait ce qui est responsable de notre difficulté à tenir nos bonnes résolutions, penchons-nous sur cinq outils qui permettent de contrer les mauvais tours joués par notre striatum.


1. Fixez-vous des objectifs SMART


Plutôt que des vœux pieux, formulez des objectifs SMART. Un objectif SMART est un objectif - selon l’acronyme – Spécifique, Mesurable, Atteignable, Réaliste et Temporel.


Prenons l’exemple de la perte de poids comme bonne résolution.


S comme spécifique : soyez le plus précis possible par rapport à votre objectif. Dans notre exemple, préférez la formule « je souhaite perdre 3 kilos » plutôt que « je souhaite perdre du poids » qui est trop flou.


M comme mesurable : déterminez les étapes précises et mesurables qui vous permettront d’atteindre votre résultat. Par exemple : « faire 30 minutes de jogging 3 fois par semaine ».


A comme atteignable : demandez-vous si vous avez les ressources et le temps nécessaires pour atteindre cet objectif. Aussi, attention à ne pas se fixer trop d’objectifs en même temps. Un objectif atteint vaut mieux que deux tu l’auras.


R comme réaliste : cet objectif a-t-il du sens pour vous et est-il à votre niveau ? Il est peut-être plus sain de commencer par vouloir perdre 2 kilos que 3… à vous de juger !


T comme temporel : pour que cela ne reste pas un vœu pieux, votre objectif doit être limité dans le temps. Cela permettra aussi à votre dopamine d’être rassurée.


Dans notre exemple, notre bonne résolution de perdre du poids devient « je veux perdre 3 kilos d’ici fin février en faisant 30 minutes de jogging trois fois par semaine ». Essayez, ça fonctionne !


2. Déterminez une stratégie sociale


Les personnes qui vous entourent vous rapprochent-elles de votre objectif ou vous en éloignent-elles ? Cherchez à vous rapprocher des personnes qui vous encouragent dans votre objectif, suivez sur les réseaux sociaux les profils des personnes qui vous inspirent, inscrivez-vous dans des cercles de soutien en lien avec cet objectif, etc. Et éloignez-vous des relations qui ne vont pas dans le bon sens.


3. Ajoutez-y du sens


Pourquoi avez-vous décider de prendre cette bonne résolution ? En effet, pour contrer les pulsions de notre striatum, il faut nourrir notre besoin de sens. Pour cela, ajoutez à vos bonnes résolutions la formule « parce que cela m’apportera… / me permettra de… ». Plutôt que de dire « j’arrête de fumer », préférez « j’arrête de fumer car cela me permettra de mieux respirer et d’économiser de l’argent. »


4. Récompensez-vous !


Notre cerveau marche à la récompense, vous l’avez compris. Alors plutôt que de vous laisser attraper par la dopamine et sa recherche de plaisir immédiat, reprenez le contrôle et déclenchez-la vous-même. Vous avez réussi à vous lever 10 minutes plus tôt ce matin pour méditer ? Bravo, récompensez-vous par un bon bain chaud en fin de journée.


5. Parler en positif


Si je vous dis « ne pensez pas à un éléphant rose », à quoi avez-vous pensé ? A priori, à un éléphant rose. Pourquoi ? Car notre cerveau n’enregistre pas la négation. Ainsi lorsque l’on dit « il n’y a pas de problème », il entend « problème », quand on dit « ne t’inquiète pas » il entend « inquiète toi ». Et c’est pareil pour les bonnes résolutions. Plutôt que de dire « je ne veux plus manger des sucreries à la fin du repas », préférez « je veux manger sainement et juste à ma faim ».


De mon côté, j’ai pris une grande résolution cette année : pas de résolution ! Je vous dirai si j’ai réussi à m’y tenir 😉



Ancrer votre pratique positive vous souhaite une belle année 2021 à tous et toutes, que celle-ci soit promesse d’énergie, de mouvement, d’audace, de rencontres, de retrouvailles, d’embrassades, de joie !

A la vie, Lehaïm,

Camille








Planche numérique réalisée en live à distance pour Ville et Aménagement Durable - ELVEOR

- Camille Lamouille -

http://camillelamouille-psychologiepositive.com

www.elveor.com


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Témoignez pour notre recueil qui sera publié : "Au bonheur des gens".


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Pour aller plus loin :


- Le bug humain, Sébastien Bohler, ed. Robert Laffont

- Rééduquez notre cerveau pour sortir de la crise écologique, Sébastien BOHLER, TEDxParisSalon, www.youtube.com/watch?v=jrdLIRh3na0

- Conférence Sébastien Bohler lors de l’Assemblée Générale de Ville et Aménagement Durable avec facilitation graphique de Camille Lamouille https://www.ville-amenagement-durable.org/Assemblee-Generale-et-conference-de-fin-d-annee-485


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