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  • Camille Lamouille

Psychologie Positive et environnement : Pour continuer à en avoir le souffle coupé !

Mis à jour : 20 sept. 2019



« Ce n’est pas la planète qu’il faut sauver, comme on a coutume de le dire, mais l’humanité. Quoique l’on fasse la planète nous survivra (elle n’a que faire de nous…), mais l’avenir de l’humanité depend de ce que nous faisons à la planète »
- Albert Jacquard -

Pourquoi devrions-nous sauver la planète ? Vaste question, n’est-ce pas ? C’est un peu le “to be or not to be?” des temps modernes. Une question avec de multiples réponses possibles donc. Aujourd’hui c’est sous l’angle de la Psychologie Positive que j’aimerais apporter une réponse. Et quel meilleur moment pour parler de la nature et de l’environnement qu’à la fin des vacances d’été !

L’océan à perte de vue, un majestueux massif rocheux, un champ rempli de fleurs colorées, un concert époustouflant, une exposition de peinture magique … En vacances nous recherchons l’émerveillement ! Et nous le faisons à raison car l’émerveillement est un des sentiments les plus bénéfiques pour l’être humain selon la Psychologie Positive.


De mon côté, j’ai retrouvé mon sentiment d’émerveillement en haut de la Dune du Pyla dans le bassin d’Arcachon avec vue sur le banc d’Arguin et l’océan. Ayant passé toute mon enfance dans le bassin d’Arcachon, ce paysage est magique pour moi. Tant de beauté me fait me sentir toute petite.


L’émerveillement est défini par la recherche en Psychologie Positive comme le sentiment que nous expérimentons en présence de quelque chose de plus grand que nous, qui remet en question notre manière habituelle de voir le monde. Nous ressentons alors un sentiment de petitesse qui augmente notre sentiment d’interconnection avec autrui et d’élargissement de notre vision.[1]


Mais la recherche de l’émerveillement à tout prix a un coût : les vacances au bout du

monde ont des effets néfastes sur l’environnement et la planète, et donc sur les êtres humains. Ainsi, à courir derrière ce sentiment d’émerveillement nous nous en privons petit à petit. La préservation de l’environnement et l’écologie sont des thèmes qui me tiennent particulièrement à cœur depuis que j’ai publié un mémoire d’études sur le thème « Et si le sort écologique de la planète se jouait en Arctique »[2]. C’est là que j’ai découvert avec effroi les conséquences en cours et à venir sur la nature, et surtout sur l’être humain, du fait de notre mode de vie. J’ai aussi réalisé que pour moi les vacances c’était plus « zéro contrainte » que « zéro impact ». Donc cette année j’ai décidé d’aligner convictions et actes : des vacances en vélo et zéro déchet afin de prendre soin de mon sentiment d’émerveillement si cher à la Psychologie Positive. Ce qui signifie : pas de restaurant, pas de supermarché, pas d’emballage, pas de légumes hors saison, pas d’hôtel, pas d’avion, pas d’activités nautiques motorisées. Résultat : seulement trois déchets en cinq jours, deux étiquettes alimentaires, une serviette en papier et une immense satisfaction.Le Mahatma Gandhi disait « le bonheur est quand ce que vous pensez, ce que vous dites et ce que vous faites sont en harmonie ».


La nature rend plus heureux


En Psychologie Positive on parle beaucoup de l’importance de la qualité de vie en environnement professionnel. Toutefois on parle moins de la nécessité de prendre soin de son environnement au sens naturel du terme. Les vacances c’est l’occasion de débrancher du travail, du téléphone, des obligations en tout genre et de se reconnecter à la nature. Oui car la mère nature porte l’énergie vitale. Premièrement car l’oxygène que nous respirons provient de la nature, mais également car la nature a des bienfaits sur le corps, la psyché et l’émotionnel. La nature nous fait nous sentir émotionnellement liés à la vie. Selon les recherches, la proximité avec la nature prédit souvent le bonheur indépendamment de tout autre facteurs psychologiques de nos vies (amour, amis, travail, communauté…).[3]


Les études en Psychologie Positive prouvent que les bénéfices de la nature sur l’humain sont multiples[4] :

- Baisse de la criminalité dans des villes avec des espaces verts

- Augmentation du sentiment de confiance et de sécurité

- Augmentation de la participation à la communauté

- Augmentation du sentiment de satisfaction

- Stimulation de la créativité

- Augmentation de la générosité, la gentillesse et l’altruisme

- Augmentation de la sociabilité, diminution de l’égocentrisme

- Diminution du stress

- Diminution du niveau d’anxiété et de dépression

- Diminution des ruminations

- Augmentation du niveau de bonheur

Le sentiment d’émerveillement, appelé « awe » en anglais, entraine une plus grande satisfaction au quotidien, une perception du temps ralentie donc plus d’ancrage dans le moment présent, une plus grande humilité, une diminution des préoccupations personnelles. Il nous incite à agir de manière plus collective, à être moins narcissique, plus gentil envers les autres.[5]


Ce sentiment a également des effets bénéfiques sur la santé.[6]En effet, parmi toutes les émotions positives seul le sentiment d’émerveillement permet de réduire biologiquement le taux de cytokines, messagers chimiques responsables, à des niveaux trop élévés, d’une moins bonne santé et de troubles tels que le diabète de type 2, les maladies cardiaques, l’arthrite et même la maladie d’Alzheimer et la dépression clinique.[7]


Alors oui, la nature est fondamentale pour l’humain, pourtant nous ne sommes pas toujours attentif.ve.s à notre impact sur l’environnement en retour.

Dilution de la responsabilité ou Effet colibri : deux revers de la même médaille

Souvent faire attention à son impact environnemental, adopter une consommation responsable, réduire ses déchets sont vus comme trop contraignants ou trop chronophage. Alors on ne fait pas, ou l’on fait quand cela nous prend car l’on se dit que d’autres le font pour nous et que ce n’est pas notre petite action qui va faire la différence et avoir un impact sur la planète. C’est ce que l’on appelle la dilution de la responsabilité. Il s’agit d’un processus de groupe conduisant un individu à une perte de sa responsabilité personnelle, et donc de son pouvoir d’action, en raison de la présence sociale d’autrui. L’effet de dilution de responsabilité peut conduire à ne pas agir dans une situation d’urgence, par exemple ne pas aider quelqu’un d’inanimé dans la rue en présumant que d’autres personnes vont agir à notre place ou l’ont déjà fait.



Si l’on retourne la médaille, on y trouve l’effet colibri (voir la légende du colibri dans l’article sur le Growth Mindset sur le blog[8]). L’effet colibri c’est considérer que chaque action a un poids, aussi minime soit-elle. Recycler le papier et le carton a un poids sur l’impact environnemental, refuser les pailles en plastique au bar a un poids sur l’impact environnemental, acheter local et national a un poids sur l’impact environnemental…


Comme le dit si bien l’activiste écologique Greta Thunberg, «  You are never too small to make a difference »[9]


Ma réponse pour prendre soin du sentiment d’émerveillement : une transition vers le zéro déchet


Pour protéger le sentiment d’émerveillement prodigué en grande partie par la nature, il y a des millions de réponses. La mienne c’est celle-ci : le zéro déchet. La méthode du zéro déchet part du constat que 99% des ressources prélevées dans la nature sont reléguées au rang de déchet en moins de quarante deux-jours. Il s’agit d’une réduction de la quantité de déchets à travers cinq principes : refuser, réduire, réutiliser, recycler et revendiquer.

J’ai commencé ma transition vers le zéro déchet à la maison il y a environ un an. Passées les résistances à ce genre de transition (contraintes, temps, utilité…), j’observe aujourd’hui que le zéro déchet n’est pas plus contraignant que la consommation en masse, est plus esthétique à la maison, permet de faire des économies car nous ne payons pas le prix de l’emballage et du marketing, et surtout offre un sentiment de satisfaction et d’accomplissement bien connu de la Psychologie Positive.

Alors quelques astuces pour moins et mieux consommer :

- Zéro déchet dans la cuisine :

    o des bocaux en verre pour acheter dans les boutiques de vrac. Vous n’aurez plus à        mettre un pied, ni deux, dans les grandes surfaces pleines de monde et de plastique.

   o Des fruits et légumes de saison achetés sur les marchés et chez les producteurs locaux. Attention, les grossistes ne sont pas des producteurs.

     o Un compost sur la terrasse où jeter ses épluchures, cela diminuera considérablement vos poubelles et fera du bon engrais pour le jardin. Les villes en font de plus en plus la promotion, renseignez-vous en Mairie.

     o Tri du carton et papier

- Zéro déchet dans la salle de bain : brosse à dent en bambou compostable ; déodorant solide ; shampoing solide ; savon fait maison ; dentifrice fait maison ; cotons lavables ; maquillage éthique.

- Au bureau : tri du papier et carton ; thé en vrac ; tasses lavables

- Consommation et achat : se poser la question de la nécessité de cet achat par rapport au besoin.

- Moteurs de recherche responsables à installer à la place de google : lilo qui soutient des projets solidaires ou ecosia qui plante des arbres à chaque recherche internet.


« Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde » disait Gandhi. Engagez-vous, défendez vos convictions, préservez la nature. Les êtres humains ont une relation émotionnelle à la nature. A nous de lui rendre ce qu’elle nous donne. Il faut prendre soin de notre sentiment d’émerveillement car celui-ci est vital pour notre cœur, notre tête et notre corps. Ne sous-estimez par le pouvoir de la chair de poule : c’est à couper le souffle !


« Cette histoire de rendre le monde meilleur - cela peut paraitre un peu difficile à dire - mais c'est à peu près tout ce qui compte dans la vie.»
- Helle Illum Aagaard, Participant, Zero-Waste Project, Tversted, Denmark -



- Camille Lamouille -

http://camillelamouille-psychologiepositive.com

www.elveor.com


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Dune du Pyla - Août 2019


[1]https://positiveleadership.fr/4-cles-pour-semerveiller/

[2]Camille Lamouille, “The Case for an International Regime for the Arctic”, Geostrategic Maritime Review n°7, 2017, https://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=numero&no=52253&no_revue=934&razSqlClone=1

[3]Zelenski, J. M., & Nisbet, E. K. (2014). Happiness and Feeling Connected The Distinct Role of Nature Relatedness. Environment and Behavior, 46(1), 3-23

[4]“Influence of Forest Therapy on Cardiovascular Relaxation in Young Adults”, Volume 2014, Article ID 834360, 7 pages

[5]Dacher Keltner, “Why do we feel awe?”, Greater Good Magazine, 2016

https://www.youtube.com/watch?v=ysAJQycTw-0

[6]Stancato, D. M., & Keltner, D. (2019). Awe, ideological conviction, and perceptions of ideological opponents. Emotion. Advance online publication.

http://dx.doi.org/10.1037/emo0000665

[7]Yasmin Anwar, « Can Awe Boost Health ? », Greater Good Magazine, February 2015

[8]https://www.camillelamouille-psychologiepositive.com/post/le-growth-mindset

[9]Traduction : vous n’êtes jamais trop petit pour faire la différence https://www.youtube.com/watch?v=Bypt4H8K5dI&t=8s


Pour aller plus loin :

"Sustainable Happiness: Why hate prevention may lead to an increase in quality of life", The Happiness Research Institute, 2015, https://docs.wixstatic.com/ugd/928487_786775b3635a4b9cb7a359459019b6c8.pdf


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